Détail du programme
- Danses sacrées, Tcham, (...)
- Danses populaires présentées
- Danses indiennes Bharata (...)
- Création d’un mandala de (...)
- Objets d’art sacré présents
- Contes et légendes de l’Himala
- Ateliers de langue et écriture
- Les dogues du Tibet, chiens
- La gastronomie tibétaine
- Conférence sur le bouddhisme
- Conférence sur l’écologie (...)
- Exposition « Alexandra (...)
- Cycle de documentaires (...)
Danses sacrées, Tcham, présentées par des moines tibétains
Plus qu’un simple folklore, ces danses invitent les spectateurs à un véritable partage spirituel. La présence de moines en exil rappelle ici la douloureuse histoire du Tibet qui, lors de l’invasion chinoise en 1959, a vu le sixième de sa population décimée et plus de 6 000 monastères rasés.
En occident, la danse est considérée comme un art profane. Pas au Tibet. Elles ne restent pas cloîtrées dans leur monastère et se donnent au public pour marquer les grands événements calendaires du monastère. C’est à la fois une méditation et un don spirituel que fait le monastère à la communauté laïque. Pour les Tibétains, assister à ces représentations est une forme de libération visuelle qui mène à la paix intérieure.
Les danses sacrées, dites Tcham, sont arrivées au Tibet par l’Inde en même temps que le bouddhisme. Il est dit que le Bouddha lui même se manifesta sous forme de déité à quelques disciples doués pour les guider sur le chemin de l’Eveil ; ce qui leur fit accomplir des performances dansées insoupçonnées. Ces danses sont celles du protecteur Mahakala. Il représente la compassion agissante, et est l’alter ego de Tchenrezig, bodhisattva de la compassion auquel le mandala du Festival est, cette année, consacré.
Ces danses dans leur intégralité sont rythmées comme une pièce de théâtre. Tout d’abord on accueille « l’arrivée des dieux » puis s’en suivent une série de représentations courtes aux noms évocateurs : danse des démons (Drag po), danse des Gardiens du Bouddha (Vajra), danse des maîtres des cimetières (Dourdag), danse du Cerf (Shawa)… La représentation se termine avec « la chasse aux démons ». Au Festival, seront interprétées plusieurs des danses courtes du tcham.
Danses populaires présentées par des artistes tibétains
Les danses populaires font également partie du quotidien des Tibétains. Elles respirent la beauté des hauts plateaux et délivrent les secrets de la culture tibétaine parfois si mystérieuse.
Deux danses seront à l’honneur pour le Festival : la danse du Lion des Neiges et la danse du Yack. Elles seront interprétées, d’une part, par la troupe artistique de la Communauté Tibétaine de France et d’autre part, par Tshering Wangdu, jeune artiste tibétain de la nouvelle génération.
La danse du Lion des Neiges. Orné d’une crinière et d’une queue touffue verte, cet animal au pelage blanc est très vénéré par les Tibétains et célébré dans les danses populaires. C’est le véritable roi des animaux. De nombreuses déités protectrices du Tibet sont représentées avec ce type de lion pour monture. C’est aussi le symbole national du Tibet que l’ont retrouve sur le drapeau tibétain. Il symbolise la puissance, la liberté, le courage. Du point de vue spirituel, il symbolise l’intrépidité et la libération de tous les dangers internes et externes.
La danse du yack. Le yack est l’animal tibétain par excellence, il pourvoit à tous les besoins et sait aussi se faire apprécier pour son caractère doux et bienveillant. Dans cette danse, le yak offre au public une écharpe de cérémonie, lui souhaitant par ce geste une vie vertueuse et pleine de bonheur.
Danses et chants du groupe artistique de la Communauté Tibétaine de Belgique. Depuis trois ans, vu le nombre croissant des Tibétains qui ont pu s’établir en Belgique, un groupe artistique s’est formé pour maintenir et promouvoir les arts de la danse, des chants et de la musique du Tibet. Ce groupe bénéficie des conseils et de la formation d’anciens artistes professionnels issus de l’école du TIPA, de Dharamsala. Ce groupe participera pour la deuxième fois au Festival de l’Himalaya et présentera un choix de danses et chants issus des différents districts et régions du Tibet : Bathang, Lhokha, Kongpo, Kham et U Tsang.
La troupe artistique de la Communauté Tibétaine de France sera cette année encore au rendez-vous du Festival. Elle évolue significativement depuis 2001 et bénéficie de formations sous la conduite de Lobsang Bondope Tsang. Il est originaire de Ganzé au Tibet oriental et s’implique très tôt dans l’apprentissage des chants et musiques de sa région natale. Son répertoire est représentatif des mélodies et du style de la province du Kham.
Tshering Wangdu. Après une formation en Inde, des tournées mondiales avec la troupe Pays des Neiges, il décide de s’installer en France pour conduire son propre répertoire. Doté d’un timbre de voix délicat, il s’accompagne de plusieurs instruments traditionnels : luth, tympanon, flûte, trompe, cymbales, tambour. Tshering a déjà quatre disques à son actif : Mélodies Tibétaines, Rondes, Comptines et Berceuses du Tibet (avec Tenzin Gonpö), Tashi l’enfant du Toit du Monde (conte pour enfants), Together (avec le groupe français Iretale). www.tshering-wangdu.com
Danses indiennes Bharata Natyam par Shalika Rajakaruna et sa troupe
L’Inde et le Tibet ont des frontières communes mais aussi une histoire intimement liée et parfois douloureuse depuis l’exode des Tibétains amorcé en 1959. Il était naturel que le Festival rende hommage à ce pays qui recueille encore de nombreux réfugiés, en accueillant à son tour cette magnifique artiste qu’est Shalika Rajakaruna.
Les danses Bharata Natyam sont les plus importantes des huit syles classiques de l’Inde. Leurs règles très codifiées ont été énoncées dans le traité sur l’art dramatique Natya Shastra, au 1er siècle avant notre ère. Regardons les sculptures des temples pour constater la similitude entre leurs postures et celles des danseuses. L’offrande des danses est un acte de dévotion important car, disent les livres sacrés, « nulle prière, nulle offrande n’est aussi agréable à Dieu ». La danse est aussi connaissance. La beauté, l’harmonie, le plaisir sont autant de passeurs pour éveiller l’être à lui-même et l’accorder à l’univers.
Shalika Rajakaruna, jeune artiste franco-sri lankaise de 26 ans a suivi une formation poussée de Bharata Natyam en Inde et au Sri Lanka. Malgré son jeune âge, Shalika a une carrière déjà bien remplie. Elle danse depuis l’âge de 10 ans et s’est illustrée lors de spectacles en France, en Suède, en Grande-Bretagne mais aussi en Inde et au Sri Lanka. En 1999, elle a été élue meilleure danseuse de Bharata Natyam au Sri Lanka. Elle enseigne à Paris actuellement. Pour le Festival, elle interprétera avec sa troupe des thèmes traditionnels : Pushapanjali, Neerajanam, Adyapadam, Padam, Tillana.
Création d’un mandala de sables colorés en l’honneur d’Avalokiteshvara
Le Mandala sera réalisé pendant les deux jours du Festival par le Vénérable Guéshé Thoupten Tenpa. Il sera dédié à Avalokiteshvara, Bodhisattva de la compassion.
Avalokiteshvara en sanscrit, Tchenrezig en tibétain, incarne la qualité de la compassion des bouddhas. En Chine et au Japon, ce Bodhisattva prend les traits de la féminité comme représentation de la sagesse. Dans le bouddhisme, la compassion et la sagesse sont complémentaires pour suivre le chemin qui mène à l’Eveil, ou à l’état de bouddhéité. La figure d’Avalokiteshvara est surtout un guide qui amène tout un chacun à agir pour le bien de tous les êtres. La visualisation du mandala comme support de méditation s’accompagne de récitation de mantras ou formules sacrées. Ici, il s’agit du célèbre mantra : « Om Mani Padme Hum ». Dans la statuaire, Avalokiteshvara est la déité aux quatre bras, voire aux mille bras et onze têtes. Il existe également des formes surprenantes dites courroucées.
Le mandala : les moines le confectionnent en hommage à une divinité. La réalisation du mandala tend à favoriser l’Eveil et symbolise l’impermanence. Le rituel le plus abouti veut qu’il soit réalisé en poudres colorées pour être, lors de son achèvement, dispersé et les poudres mêlées à la terre. Les mandalas peuvent aussi être réalisés en beurre, grains de riz, argile et bois.
Selon sa taille et suivant le nombre de détails qu’il renferme, il est formé de seize couleurs différentes dont les principales : le blanc représente l’eau, le vert le vent, le bleu l’espace, le jaune la terre et le rouge le feu.
Chacune d’elle est liée à l’une des cinq sagesses : la sagesse profonde (vacuité ouvrant sur la réalité derrière les apparences), la sagesse de la clarté, la vaste sagesse de la compassion, la sagesse de la rapidité et de l’agilité, la grande sagesse Mahayana qui réunit toutes les autres sagesses. Elles sont aussi représentatives des cinq familles du Bouddha.
Au centre on trouve le lotus sur lequel est représenté la divinité souveraine du mandala. Autour sont érigées des enceintes carrées avec leurs portes. Elles symbolisent les différentes étapes vers l’Eveil et sont peuplées de divinités secondaires. Cet élément du mandala est divisé en quatre quartiers correspondant aux directions cardinales et visualisent les quatre pensées illimitées (l’amour, la compassion, la joie, l’égalité d’âme). Chaque direction a sa propre couleur et varie selon la divinité représentée. Trois cercles entourent le mandala : celui du feu (symbole de la Connaissance), celui des Vajras ou foudre-diamant (objet rituel symbolisant l’Eveil) et enfin celui des pétales de lotus (évocation de la pureté et de la naissance spirituelle).

- Vénérable Guéshé Thupten Tenpa
- Réalisation d’un mandala pour le Festival
Le Vénérable Guéshé Thoupten Tenpa, qui réalisera ce mandala, a été formé au Monastère de Drépoung, monastère reconstitué dans le village tibétain de Mundgod en Inde du sud.
Objets d’art sacré présents au Festival
Les thangkas
Ce sont des peintures religieuses représentant les principales divinités tantriques du bouddhisme tibétain. Elles sont supports de méditation favorisant l’Eveil. Leur exécution répond à des règles très anciennes dans l’iconographie, les mensurations, les couleurs, les proportions et les attributs des déités.
L’illustration est entourée de deux bandes de soie jaune et orangée symbolisant l’arc-en-ciel mystique qui émane du personnage central. Parfois on peut voir un morceau d’étoffe sur la partie inférieure ; c’est une porte ouverte sur le monde surnaturel. Une part de créativité revient à l’artiste qui exprime sa sincérité et devient le médiateur. Posséder une thangka chez soi apporte les bienfaits, paix, santé, longue vie, richesses…
Les tormas
Ce sont des sculptures rituelles et objets de culte, propres au bouddhisme tibétain. Ils peuvent être des offrandes au Bouddha ou tout simplement supports de méditation et de visualisation intérieure. Ils ont la forme de gâteaux cylindriques à base de tsampa (farine d’orge grillée) et sont fabriqués par les moines artistes. Ils sont ensuite décorés avec du beurre coloré longuement travaillé.
Contes et légendes de l’Himalaya par Pascal Fauliot
Pascal Fauliot racontera à l’ombre des grands arbres du Bois, les histoires fantastiques qui peuplent l’imaginaire des contrées tibétaines et indiennes, pour le bonheur des petits et des plus grands.
Ce conteur, spécialiste de l’Asie, nous invite à pénétrer un monde fantastique où les redoutables magiciens, les ogres et les démons côtoient les figures sacrées de la compassion, bodhisattva et dakini, et les célèbres sages qui nous enseignent la voie de l’Eveil. L’imagerie serait incomplète sans les récits de vie des anonymes, comme ce palefrenier qui épousa une princesse parce qu’il ne savait pas mentir ou cette humble paysanne qui vit sa broderie devenir réalité. Certaines histoires ont été tirées des antiques recueils indiens comme le Panchatantra et les Jataka, d’autres sont issues du génie des peuples de l’Himalaya.
Autant de leçons de vie qui illustrent une sagesse universelle !
Pascal Fauliot fait partie des premiers conteurs professionnels, pionniers du renouveau du conte en France. Dès 1981, il rejoint le CLIO (Conservatoire de Littérature Orale) avec lequel il participe notamment aux Mythiques Nuits du Conte du Festival d’Avignon. Il collecte auprès de maîtres un riche répertoire de contes et récits d’enseignements qu’il fait découvrir au public dans ses ouvrages : Les contes des arts martiaux (Albin Michel), L’épopée du roi-singe, Ramayana (Casterman) pour la jeunesse, dernièrement Les contes des sages taoïstes et Les contes des sages du Tibet (Seuil) en vente sur le Festival.
Ateliers de langue et écriture tibétaine
Cet atelier, pour tout public, est animé par Tenzin-Gyalpo Basil les samedi et dimanche à 15h, sur le site du Festival. Il propose une brève histoire de la langue, un atelier d’écriture et la calligraphie des prénoms pour les enfants présents.
L’écriture tibétaine est monosyllabique à tons. Elle fut créée au VIIème siècle par Thonmi Sambhota, ministre du 33ème roi du Tibet Srong-btsan sgam-po (Songtsen Gampo). L’alphabet tibétain comprend basiquement 30 lettres qui se combinent avec 4 signes diacritiques servant à noter les voyelles i, u, e, o. L’alphabet tibétain est utilisé principalement au Tibet et dans toutes les aires de culture tibétaine : le Ladakh, le Sikkim, le Bhoutan et d’autres régions de l’Himalaya, mais également en Mongolie et en Bouriatie où le tibétain est considéré comme la langue des lettrés.
Tenzin Gyalpo fait partie des rares Tibétains à avoir débuté sa scolarité au Tibet indépendant puis à avoir pu bénéficier du nouveau système d’éducation mis en place par le gouvernement en exil, avec l’appui du gouvernement indien et sous la conduite de Jawaharlal Nehru. Il s’est particulièrement distingué dans les domaines de la calligraphie, de la musique et des Lettres.
Installé en France depuis plus de 25 ans, il a ouvert le tout premier restaurant tibétain à Paris, Tashi Delek, et tient la librairie La Route du Tibet situé en face.
Les dogues du Tibet, chiens de nomades
Josette Pilat présentera les races les plus réputées du Tibet dont les Do-Khi, les épagneuls et les Lhassa apso. C’est elle qui les a fait connaître en France.
Les chiens les plus représentatifs de la vie des nomades sont les Do-khi. Leur nom bien porté pourrait se traduire par « chien porte ». S’ils affichent un air d’apparente tranquillité, ils n’en sont pas moins de véritables gardiens, en éveil constant et prêts à donner l’alarme au moindre bruit suspect. Ils accompagnent encore actuellement les nomades dans leur transhumance. Ils surveillent les troupeaux de yaks et gardent les campements des nomades. On les retrouve aussi en vigie dans les monastères.
La gastronomie tibétaine
Le Festival sera l’occasion de découvrir, ou de savourer pour ceux qui connaissent déjà, les mets de la cuisine tibétaine. Une restauration en continu sur les deux jours sera proposée aux visiteurs dans les échoppes devant la Pagode.
L’élément de base de la cuisine tibétaine est la tsampa, ou farine d’orge grillé. Elle sert à confectionner ou à accompagner à peu près tous les mets : momos, nouilles à la viande dites thukpa, soupes… Au Tibet rural, on la mange roulée en boulettes avec du beurre de yack salé et accompagnée de thé, pour supporter les rudesses du climat.
Les momos, raviolis tibétains, fourrés à la viande ou aux petits légumes, aux épinards, parfois au fromage et agrémentés d’épices sont un must de la cuisine. Ils surprendront nos palais par la délicatesse de leurs goûts. Ils s’accompagnent généralement d’une sauce assez relevée.
Autre régal, les galettes frites aux légumes et à ne surtout pas manquer… les beignets de fromage ! Contrairement aux idées reçues, on mange beaucoup de viande au Tibet. Selon les régions, les plats sont préparés à base de boeuf, de mouton, de porc ou de yack. La religion bouddhiste a dû, dès son implantation, concilier de nombreuses dispenses et autoriser la consommation de viande à l’exclusion de celles de chien, de cheval et de lapin.
En dessert, on appréciera la version locale du riz au lait, ou omdre, accompagnée de yaourt ou de fromage frais de vache (de yak au Tibet). Et enfin, que serait un voyage culinaire au pays des neiges sans avoir testé le fameux thé au beurre salé ? Tout un programme ! Les plus récalcitrants pourront tout de même s’abreuver de thé indien ou de thé au lait.
[Souzi nyabo nyango]... bon appétit !
Conférence sur le bouddhisme : dimanche après-midi sur le podium
« Vivre la philosophie bouddhiste au quotidien »
par Son Eminence Ganden Tri Rinpotché Loungrig Namgyal
Son éminence est né au Tibet en 1927. Après 40 années d’études, il obtient le diplôme de Docteur es philosophie bouddhique (Gueshé Lharampa) et de Docteur es Tantra (Gueshé Ngagrampa). L’accomplissement de ce double cursus traditionnel alliant érudition et pratique méditative intense a fait de lui l’un des plus grands maîtres contemporains de l’école Guélouk. A ce titre, il représenta le bouddhisme au colloque oecuménique d’Assise en Italie, réuni à l’initiative du Pape Jean Paul II. En 1983, il est nommé abbé du monastère tantrique du Gyuto par Sa Sainteté le Dalaï Lama. En 1992, il devint l’abbé du monastère de Ganden Shartsé et en 1995, il devient Sharpa Tcheudjé, second dignitaire de l’école Guélouk. En 2003, il fut nommé Ganden Tripa par Sa Sainteté le Dalaï Lama, devenant ainsi le chef spirituel de l’école Guélouk et le 101ème détenteur du trône du grand maître Tsong Khapa qui fonda l’école Guélouk au 14ème siècle de notre ère. Il voyage régulièrement en Inde et dans divers pays pour enseigner le bouddhisme. En 1979, il fonde à Paris, l’association Thar Deu ling où il enseigne. Voir : www.thardeuling.com.
Au cours de cette conférence, il exposera les grands principes du bouddhisme vécus au quotidien.
Cette conférence se veut généraliste pour permettre à l’assistance de trouver des réponses pratiques à ses interrogations. Traduction consécutive.
Conférence sur l’écologie : samedi après-midi sur le podium
« La dégradation de l’environnement du Tibet et des Himalayas »
par Françoise Bonzon et Jampal Chosang.
Le Tibet, vaste région dont la superficie équivaut à celle de la Communauté européenne, abrite un écosystème extrêmement riche et fragile. Plus de cinq cents espèces d’oiseaux étaient recensées avant 1949. Plusieurs expéditions menées au Tibet par la Royal Geographical Society de Londres au siècle dernier confirment la variété et la singularité de la géographie et de l’environnement du plateau tibétain.
Cette diversité s’est préservée au fil du temps grâce à la croyance bouddhiste en l’interdépendance entre humains, animaux, plantes et éléments naturels, croyance qui empêche l’exploitation aveugle de l’environnement. Les plus grands fleuves d’Asie prennent naissance dans les montagnes tibétaines : l’Indus, le Brahmapoutre, le Salouen, le Mékong, le Yangtse et le Houang Ho ou Fleuve Jaune. Sa faune, sa flore, ses forêts vierges et ses grands cours d’eau font du Tibet la source de vie d’une zone bien plus vaste que son propre territoire. C’est pourquoi l’environnement du Tibet revêt une importance capitale pour l’équilibre écologique des pays voisins.
La « modernisation » et l’exploitation économique « colonialiste » de ce territoire, notamment par le gouvernement chinois, auront-ils raison de cet équilibre, source de vie pour l’humanité ? Telle est la question que soulèveront les intervenants, Françoise Bonzon et Jampal Chosang.
Françoise Bozon s’occupe activement de la question environnementale dans les Himalayas au sein de l’association ECO-Tibet France qu’elle a créée en 1992 et dont elle est présidente. Page web : http://www.tibet-info.net/eco-tibet.... Elle interviendra aux côtés de Monsieur Jampal Chosang, représentant officiel du Gouvernement tibétain en exil et de Sa Sainteté le Dalaï Lama, au sein du Bureau du Tibet à Paris.
Exposition « Alexandra David-Néel »
L’exposition aimablement prêtée par le musée « Alexandra David-Néel » retrace, en trente panneaux, la vie et l’oeuvre de la célèbre voyageuse en quête de spiritualité et écrivaine. Des photos rares seront présentées ainsi que des extraits de ses écrits.
Alexandra David-Néel eut une vie hors du commun. On pourrait même dire qu’elle eut plus d’une vie en une vie. Elle fût cantatrice, militante libertaire et féministe, journaliste, orientaliste, écrivain, philosophe et surtout exploratrice. Elle est connue pour avoir été la première femme occidentale à pénétrer dans la ville sainte de Lhassa en 1924, après trois tentatives et un périple à pied de plus de 3 000 kilomètres à travers l’Himalaya. Elle a alors 56 ans !
Alexandra David-Néel (1868-1969) est une femme de caractère qui ne s’en laisse pas compter, une femme éprise d’un désir impérieux de liberté qui l’amènera à sillonner l’Asie et principalement les régions himalayennes où elle trouve un cadre propice à sa recherche philosophique et mystique, pendant plus de vingt-cinq ans. Elle apprend le sanskrit et le tibétain, traduit des manuscrits, rencontre des sages et des lettrés, également le treizième Dalaï Lama, pratique l’ascétisme dans un ermitage et se plie à mille et une aventures rocambolesques en compagnie d’un jeune lama devenu son secrétaire particulier puis son fils adoptif. Son plus long voyage aura duré quatorze ans ! Monsieur Néel, mari et confident, aura été son plus grand soutien à distance. A 78 ans, elle finit par établir son camp de base à Digne-les-Bains avec la ferme intention de repartir. Elle mourra à l’âge de 101 ans !
Plus qu’une exploratrice, Alexandra David-Néel est une femme « habitée ». En recherche intérieure, c’est une bouddhiste convaincue. Elle veut ramener la pensée bouddhique en Europe en proposant une vision de l’intérieur, de terrain, loin des salons mondains qu’elle a un temps fréquentés. Partagée entre cette double culture orientale et occidentale, entre ce dilemme inextricable, continuer le périple ou rentrer vers les siens, elle sera un porte-parole éclairé du bouddhisme en occident. Elle devance le siècle de par ses idées avant-gardistes.
De sa vie, de ses aventures et de ses rencontres avec la spiritualité bouddhiste, elle a tiré pléthore d’articles et d’ouvrages. Parmi ceux-ci on peut retenir : « Voyage d’une Parisienne à Lhassa », « Le bouddhisme du Bouddha », « Les enseignements secrets des bouddhistes tibétains ». (voir le site du musée et centre culturel : www.alexandra-david-neel.org)
Cycle de documentaires sur les Himalaya
Ces documentaires seront projetés en continu les deux jours du Festival, dans le temple tibétain situé dans l’enceinte de la Pagode.
« Tanggula Express, un train sur le toit du monde » : (52’) de Marie Louville
Le 1er juillet 2006 le Tanggula Express, la voie ferrée reliant Lhassa au Tibet, était inaugurée. Une image de la Chine triomphante avant les JO de 2008. Le train du toit du monde traverse le plateau tibétain à une altitude moyenne de 4500 mètres et franchit un col à plus de 5000 mètres. Cette voie ferrée reliant Lhassa à « la mère patrie » joue un rôle stratégique majeur. Le Tibet est devenu une sorte de Far-West et Tanggula Express un instrument à la conquête de l’ouest version chinoise.
Ce documentaire a été diffusé et réalisé pour l’émission « Envoyé spécial » sur France 2.
« Les gardiens du Gange » : (52’) de Frédéric Soltan et Dominique Rabotteau
Rishikesh, la ville sainte de la religion hindouiste dans le nord de l’Inde, est intimement liée au fleuve sacré du Gange. Une vie spirituelle intense s’y déroule car visitée par des milliers de pèlerins mais également pour être le foyer des sadhou et des yoguis. C’est à Rishikesh que les textes fondateurs de la religion - Bhagavad Guita, Upanishad - ont été écrits.
« Du Sikkim au Tibet Interdit - Alexandra David-Néel » : (78’) de Jeanne Mascolo de Filippis
Documentaire tourné en 1991 avec Marie-Madeleine Peyronnet qui fut la secrétaire particulière d’Alexandra David-Néel dans les dernières années de sa vie, à Digne-les-Bains.
Dans ce documentaire, Marie-Madeleine Peyronnet part sur les traces de la fameuse exploratrice dans la région du Sikkim. Elle retrouve notamment la grotte de Lachen à 3800 mètres d’altitude où Alexandra David-Néel suivit les pratiques ascétiques du bouddhisme auprès de l’un des plus grands yoguis du siècle dernier, Lachen Gomchen.
« Les Yoguis du Tibet » : (77’) de Phil et Jo Barack, 2002
Pour la première fois, des ermites tibétains engagés dans la voie mystique marquée par plusieurs années des entraînements rigoureux de pratiques méditatives et d’exercices yoguiques révèlent et parlent de leurs expériences. Un documentaire rare et saisissant car ces pratiquants sont normalement liés par des vœux de silence sur leurs exercices spirituels mais ils décident de les révéler afin de conserver et de léguer une tradition millénaire menacée de disparition. La vérité de leur parole et la force spirituelle jaillissant de leur cœur pur sont sources de grand espoir pour l’humanité toute entière car le film démontre que l’élévation spirituelle est encore possible de nos jours. www.theyogisoftibet.com
« Devenir femme au Zanskar » de Jean-Michel Corillion (1h 26)
Au royaume bouddhiste de Zanskar au cœur de l’Himalaya indien dans des paysages d’une beauté exceptionnelle, le réalisateur nous livre les portraits croisés de deux jeunes filles au tournant de leur vie. L’une s’apprête à devenir nonne et l’autre mariée selon la tradition de mariage arrangé. En gagnant la confiance de chacun, l’auteur-réalisateur a pu s’immiscer dans l’intimité des familles et recueillir les confidences des deux jeunes filles et leurs proches., grâce à l’ethnologue Marianne Chaud qui a étudié le dialecte de Zanskar. Un documentaire exceptionnel et pédagogue tourné dans des conditions extrêmes à 4100 mètres d’altitude, y compris sur le parcours périlleux de 120 km de la rivière gelée entre Karsha et Leh. www.france5.fr
Les artistes et les intervenants de ces programmes seront présentés par les journalistes Agnès Quintanilla, Jean-Paul Ribes et Catherine Barry.
Jean-Paul Ribes est journaliste et écrivain, vice-président de l’Université Bouddhique Européenne et un des membres fondateurs de la Maison du Tibet de Paris. Avec le Comité de Soutien au Peuple Tibétain, il publie la Lettre du Tibet et anime de nombreuses campagnes en faveur du respect humain en Chine et au Tibet. Il est l’auteur de Karmapa paru en 2000 aux éditions Fayard.
Agnès Quintanilla a travaillé en radio (Radio Fréquence Soleil, Réseaux E.P.R.A) et en télévision (Télé Toulouse, chaînes du câble) comme rédactrice-animatrice sur des sujets de société. C’est une humaniste convaincue qui, dans ses choix éditoriaux privilégie toujours la sensibilisation du public aux différences culturelles et à l’interculturalité. Voyageuse dans l’âme elle a déjà parcouru plus d’une trentaine de pays et effectué un long séjour d’un an d’enseignements à Dharamsala.
Catherine Barry a présenté pendant plus de dix ans l’émission « Voix Bouddhiste » sur France 2. Elle travaille actuellement sur RFO auprès de Luc Laventure. Elle place au cœur de son métier la Connaissance comme vecteur de respect et de tolérance entre les Hommes. Elle a eu la chance d’interviewer le Dalaï Lama à trois reprises et a publié deux ouvrages : 108 perles de sagesse pour parvenir à la Sérénité (textes recueillis auprès de Sa Sainteté, Presses de la Renaissance, 2006) et Sages Paroles du Dalaï Lama (Groupe Hachette, 1999).