Festival Culturel du Tibet & des Peuples de l’Himalaya

Pièce d’opéra tibétain Souk Kyi Nyima

Par le TIPA (Tibetan Institut of Performing Art)
Pour la première fois en France, le groupe TIPA a présenté le 14 septembre 2002 à l’occasion de la 3ème édition du festival, une pièce d’opéra tibétain Souk Kyi Nyima.

Historique de l’opéra Lhamo

Le fondateur du Lhamo, l’opéra tibétain, fut l’éminent Thangtong Gyalpo qui vécut au XIVème siècle. Erudit accompli et très grand lama réalisé, son principal objectif fut la diffusion du bouddhisme. Pour y parvenir, il édifia des ponts et des bacs sur les plus grandes rivières du Tibet, reliant ainsi les villages reculés, et il répandit l’enseignement bouddhiste. Sa façon de trouver des moyens de financement est amusante. Il est dit que lorsqu’il eut besoin de fonds pour financer le premier pont de chaîne en fer au-dessus de la rivière Kyitchou, Thangtong Gyalpo entraîna sept sœurs, faisant partie des travailleurs, à chanter et à danser tandis qu’il jouait du tambour et des cymbales. Frappés par leur beauté, les spectateurs s’exclamèrent « ce sont les déesses elles-mêmes qui dansent ! ». C’est ainsi qu’ultérieurement, le nom de Lhamo (déesse) fut attribué à l’opéra tibétain.

L’opéra était très populaire au Tibet et au XIXème siècle chaque grande région disposait d’une troupe d’acteurs permanente. Les acteurs venaient aussi bien des communautés laïques que religieuses ; ils étaient plutôt mus par leur amour de l’opéra que par le besoin de gagner leur vie. Les troupes se produisaient lors des fêtes et des cérémonies officielles. Certaines représentations, comme celle présentée au Palais d’été du Dalaï-Lama, étaient organisées par le gouvernement : ouvertes au grand public, elles étaient impatiemment attendues par toute la population de Lhassa.

Le TIPA aujourd’hui

En 1960, le TIPA déménage de Kalimpong à Dharamsala, siège du gouvernement en exil situé à 1 800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il lui fut attribué un grand terrain sur lequel la troupe put s’installer et se développer. Le maître de danse, ancien de la célèbre troupe d’opéra Kyimolong qui s’était produite au Norboulingka, était spécialisé dans trois pièces : Souk kyi Nyima, Péma Woebar et Drowa Sangmo. Il était également familier à d’autres pièces et en rassemblant dans la communauté des réfugiés, les chants et danses populaires de toutes les régions du Tibet, la compagnie devint à même d’étoffer le répertoire traditionnel du Lhamo. Des pièces historiques furent non seulement composées et jouées en tant que divertissement mais aussi pour montrer la légitimité de la revendication pour l’indépendance du Tibet. Aujourd’hui, l’équipe du TIPA comprend cinquante-cinq acteurs et actrices permanents dont certains font aussi office de cuisinier et de couturier. Ils sont assistés par des secrétaires et des artisans qui confectionnent les masques, les instruments et autres accessoires théâtraux. Avec les quarante enfants de la troupe, ils forment une véritable petite communauté.

Activités

Chaque été, une journée durant, le TIPA donne une représentation Lhamo. Conformément à la tradition, à l’extérieur, sous un grand vélum en coton décoré avec les symboles de bons augures, les festivités attirent en foule aussi bien les jeunes que les personnes âgées. Le TIPA participe aussi aux cérémonies officielles célébrées par le gouvernement tibétain en exil : nouvel an, jour anniversaire du soulèvement de la population de Lhassa et autres commémorations... De plus, la troupe effectue régulièrement des tournées à travers l’Inde dans les différentes colonies de réfugiés ; elle se produit parfois sur les plus importants lieux de pèlerinage devant les foules qui se pressent en attendant de recevoir des enseignements religieux. Ces dernières années, elle s’est également rendu à l’étranger, en Europe, Australie et aux U.S.A.

Opéra Lhamo, représentation de Souk Kyi Nyima

Résumé

Souk Kyi Nyima est l’un des trois opéras Lhamo les plus joués par le TIPA (Tibetan Institut of Performing Art), lors des cérémonies officielles tibétaines. Après le rituel de purification traditionnel, le conteur présente l’histoire et la vie de Souk Kyi Nyima.

L’histoire se passe en Inde, près de Bodghgaya, lieu d’éveil du Bouddha. Drangsong, un vieil ermite et saint homme, habitant les environs, fait un songe lui annonçant la naissance miraculeuse et prochaine d’une fille hors commun, Souk kyi Nyima, Astre Rayonnant. Le roi de cette contrée, Dawa Sengué, en quête d’une épouse, consulte l’Oracle qui l’oriente dans la direction de Souk Kyi Nyima. Partant à sa recherche, il rencontre une jeune fille hors caste, Rik Ngèn Boumo, qui réussit à le séduire et lui faire croire qu’elle est la fille prédite par l’Oracle. Il l’emmène alors au palais et la prend pour épouse.

Par un chasseur, le Roi prend connaissance de l’existence d’un être d’exception se nommant Souk Kyi Nyima. Malgré son mariage récent, il demande à rencontrer cette jeune fille. Après maintes palabres, la main de Souk kyi Niyma lui est accordée et de nouvelles noces sont célébrées. Souk Kyi Nyima devient la nouvelle reine et détrône ainsi Rik Ngèn Boumo.

Rik Ngèn Boumo aidée de sa servante Yama conspirent contre Souk Kyi Nyima. Elles tuent l’éléphant sacré du Roi ainsi que son fils en laissant desindices qui compromettront Souk Kyi Nyima. Le Roi la condamne à être livrée en pâture aux animaux sauvages de la forêt. Les animaux refusent de se repaître du corps de Souk Kyi Nyima.

Souk Kyi Nyima se retire dans un ermitage pour s’adonner à la religion. Elle devient un ascète célèbre connu sous le nom de Lama Mani. La renommée de Lama Mani arrive aux oreilles du roi. Avec son ministre, il lui rend visite. En reconnaissant son épouse, il dit : Comment pouvais-je savoir que vous étiez l’incarnation d’une divinité ? Pardonnez-nous tous et revenez avec moi au palais. Souk Kyi Nyima retourne au palais. Les coupables Rik Ngèn Boumo et Yama sont punis. De cette nouvelle union naîtra un autre enfant qui deviendra roi et propagera l’enseignement de Bouddha à travers tout le pays.

Dans le cadre du 3e Festival de l’Himalaya, pour la première fois en France, le groupe TIPA a présenté le 14 septembre 2002 à 19h, une pièce d’opéra tibétain Souk Kyi Nyima à la Pagode du Bois de Vincennes, 75012 Paris.


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