Aggravation de la situation au Tibet en 2013, selon le TCHRD

mercredi 29 janvier 2014 par Rédaction , Monique Dorizon

Avec l’augmentation des politiques répressives au Tibet et près de 900 prisonniers politiques tibétains (connus), la situation des Droits de l’Homme au Tibet continue de s’aggraver, détaille dans son nouveau Rapport annuel pour 2013, le Centre tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD) basé à Dharamsala, en Inde.

Le TCHRD affirme dans son rapport que les politiques chinoises de répression violente des manifestations pacifiques, les détentions arbitraires, les restrictions aux déplacements, la répression contre les artistes et les relogements des nomades, ont sapé les espoirs d’une véritable réforme au Tibet contrôlé par la Chine. Beaucoup des politiques mises en œuvre depuis des années ont atteint un tel point qu’elles sont à l’origine des atteintes permanentes à la culture tibétaine et à l’environnement.

Selon le rapport du TCHRD, le nombre total de prisonniers politiques (connus) au Tibet est de 896, et en 2013, le nombre total de personnes (connues) arrêtées et condamnées est de 119.

Il y a eu pas moins de 125 cas d’auto-immolation depuis 2009, dont 27 en 2013 [1]. Les immolés ont appelé à la liberté au Tibet et au retour de leur chef spirituel, le Dalaï Lama, dont les photos sont interdites au Tibet.

Le TCHRD décrit la réponse de la Chine aux manifestations par auto-immolation comme une "répression impitoyable", et souligne que la Chine n’admet aucune responsabilité dans ses propres politiques extrémistes qui sont pourtant la cause directe des protestations par les flammes.
"La répression sévère de la Chine contre les manifestants par auto-immolation et leurs sympathisants ne produisent pas les résultats que le gouvernement chinois escomptait. Au lieu de créer « l’harmonie et la stabilité », la répression impitoyable du gouvernement chinois sous forme d’arrestations, tortures, emprisonnements et fusillades, alimente en outre la détresse et le ressentiment tibétains alors que les violations des Droits de l’Homme continuent de progresser au Tibet".

Le TCHRD a salué comme un changement positif l’annonce par la Chine de l’abolition de la "Réforme par le travail" (RTL, Reform Through Labour) en décembre 2013. Mais la directrice du TCHRD, Tsering Tsomo dit qu’il est trop tôt pour dire si le gouvernement va abolir la "Réforme par le travail" sous toutes ses formes, ce qui demanderait l’arrêt des violations des Droits de l’Homme, telles que la détention arbitraire, le travail forcé et la torture, qui sont inhérents à la "Réforme par le travail".
"Jusqu’à ce qu’une mesure transparente soit prise, abolissant la « Réforme par le travail », le scepticisme demeure", a déclaré Tsering Tsomo lors du lancement du Rapport annuel 2013 sur la situation des Droits de l’Homme au Tibet.

Le rapport de 250 pages est axé sur les droits civils et politiques, la répression religieuse, les droits économiques, sociaux et culturels, la stratégie de développement de la Chine, et les auto-immolations tibétaines protestant contre la domination chinoise au Tibet.
Tsering Tsomo affirme que la poursuite de la mise en œuvre de la réinstallation des nomades et de la politique de relogement est l’une des principales sources de préoccupation [2].
Des nomades tibétains ont été forcés de quitter leurs terres ancestrales et d’emménager dans des installations de type urbain nouvellement développées. Les délocalisations se font la plupart du temps contre la volonté des nomades, et sans compensation adéquate.
"Les zones urbaines nouvellement construites où ils sont forcés de se réinstaller ne peuvent pas leur permettre de maintenir leur mode de vie séculaire, et par rapport aux travailleurs migrants chinois, les nomades reçoivent moins de soutien de l’État en termes de recherche d’emploi et autres sources de revenus".

Tsering Tsomo a expliqué que la principale cause de la réinstallation forcée des nomades est l’exploitation des riches ressources minérales des terres où se trouvent les nomades. Des sociétés minières publiques ont déjà commencé l’extraction massive de minéraux précieux tels que le lithium, le cuivre, le chrome, l’or et du pétrole. [3]

Selon le rapport du TCHRD, l’année écoulée (2013) a vu une sévère répression contre la liberté de la presse et la liberté d’expression des Tibétains. Le TCHRD affirme que la Chine reste l’un des plus sérieux contrevenants au droit à la liberté d’opinion et d’expression.

Le TCHRD publie un autre document : "Goulags du Tibet", qui examine l’histoire et l’évolution du programme de la "Réforme par le Travail". Il présente une analyse approfondie de la législation en vigueur sur la "Réforme par le Travail", en examinant comment elle viole les interdictions internationales de la détention arbitraire, du travail forcé et de la torture.

Source : Tibet Sun, 20 janvier 2014.
Sources complémentaires : Rapport du TCHRD sur la situation des Droits de l’Homme au Tibet, Rapport annuel du TCHRD sur la Rééducation par le travail.

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