Campagne anti-terroriste au Tibet

mardi 25 novembre 2014 par Rédaction , Monique Dorizon

La Chine a étendu sa campagne de lutte contre le terrorisme du Turkestan Oriental (Xinjiang) vers le Tibet et a souligné la nécessité d’un contrôle politique de la région.

Des fonctionnaires du Parti communiste ont mis en relation la stabilité au Tibet avec la sécurité de la République Populaire de Chine (RPC).
En réponse à une augmentation de la violence dans le Xinjiang, le gouvernement chinois a mis en place une campagne agressive contre le terrorisme qui se répand à travers la République Populaire de Chine depuis mai 2014.
Cette expansion comporte une opération anti-terroriste au Tibet se manifestant par une présence militaire renforcée et l’ajout de ressentiment dans une population déjà aliénée et en détresse.

Le Parti communiste n’a cessé de souligner la nécessité d’un contrôle politique du Tibet et le 1er octobre, Fête nationale de la Chine, le Président de l’Assemblée populaire de la "Région Autonome du Tibet", Pema Thinley, a déclaré : "la stabilité du Tibet est liée à la stabilité nationale et la sécurité du Tibet est liée à la sécurité nationale".

En mai 2014, lorsque l’action contre-terroriste a été annoncée et promue à travers la République Populaire de Chine, une formation pour la "Région Autonome du Tibet" (TAR) du personnel de sécurité en poste dans les monastères a été annoncée. L’objectif de la formation est d’assurer que la police soit prête au "combat" afin de répondre aux dangers du terrorisme et à "maintenir la stabilité".

Le gouvernement chinois a également fait pratiquer aux troupes des exercices d’entraînement "anti-terroristes" en réponse aux immolations, actes qui ont été qualifiés de "suicides terroristes" par les autorités chinoises. Elles tiennent pour responsables Sa Sainteté le Dalaï Lama et ses partisans d’encourager cela et d’autres formes de protestation.

Un rapport de l’organisation International Campaign for Tibet (ICT), paru en juillet 2014, intitulé "Actes d’un mal significatif montre que, dans certains cas, les autorités du Parti ont émis l’accusation "d’homicide volontaire", contre quiconque est impliqué avec quelqu’un qui s’auto-immole - y compris tout simplement en y assistant - conduisant à des sanctions sévères telles que des peines de prison et même la peine de mort.

Matteo Mecacci, Président d’International Campaign for Tibet dit : "La Chine utilise le prétexte des opérations anti-terroristes qui se déroulent à l’échelle internationale, notamment en Irak et en Syrie, et essaie de faire passer sa répression injustifiée au Tibet comme « contre-terrorisme »".
"Qualifier les immolés tibétains de « terroristes » est l’ultime outrage pour ces personnes qui ont sacrifié leur vie, sans blesser personne, sauf eux-mêmes, pour attirer l’attention de la communauté internationale sur le sort du peuple tibétain".

En 2013, le gouvernement chinois a annoncé le développement d’un nouveau système de sécurité à travers la "Région Autonome du Tibet".
D’abord présentée en 2007 à Pékin, comme la clé du "maintien de la stabilité sociale" au Tibet, elle a été mise en place en avril 2012 dans le district de Chengguan à Lhassa.
Des documents officiels décrivent le système comme la gestion "de la grille". A Chengguan, la zone est divisée en 175 grilles, chaque grille est contrôlée par un chef et patrouillée par des travailleurs communautaires, connus sous le nom de "patrouilles au brassard rouge", qui recueillent des renseignements sur les fauteurs de troubles potentiels [1].

Le 14 février 2013, Yu Zhengsheng, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste, a confirmé que le système devrait être mis en place dans toute la "Région Autonome du Tibet" pour former des "filets dans le ciel et des pièges sur le terrain".

Dans un rapport de Human Rights Watch en mars 2013 [2], Sophie Richardson, directrice pour la Chine, a répondu en disant : "Les autorités chinoises doivent démanteler ce système orwellien de « grille », imposé alors que le gouvernement continue d’éviter de traiter les griefs populaires. Son but semble être la surveillance et le contrôle, et il empiète sur les droits des Tibétains à la liberté d’expression, de croyance et d’association".

La militarisation et la surveillance accrues arrivent alors que les citoyens expriment pacifiquement leurs points de vue et sont déjà en présence de haute sécurité. La politique anti-terroriste a été mise en place avec peu de preuves de menaces violentes contre l’Etat.
"L’effort de la Chine pour imposer cette surveillance omniprésente dans toutes les rues n’est pas susceptible de rendre le Tibet plus sûr", a déclaré Sophie Richardson. "Mais la surveillance accrue va sûrement augmenter la pression dans une région déjà tendue, alors même que le peuple tibétain est toujours en attente d’une attention chinoise aux violations graves de ses droits".

Les politiques antiterroristes actuelles de la Chine font partie d’une vague de répression contre la violence séparatiste ouïghoure et ce que la Chine appelle les extrémistes religieux dans la "Région Autonome Ouïghoure du Xinjiang" (Turkestan Oriental). Selon les médias d’État, des "militants" du Xinjiang auraient reçu une "formation" des combattants de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) pour des attaques intérieures.

Un rapport de l’agence de presse officielle Xinhua du 1er octobre 2014 dit que le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a souligné l’opposition de la Chine à toute forme de terrorisme et qu’il est prêt à travailler avec les États-Unis pour contrer la menace du terrorisme international.
Il est peu probable, cependant, que la Chine apporte un soutien militaire dans la lutte contre l’État islamique en Irak et au Levant, mais par contre ils peuvent espérer que la "guerre contre le terrorisme" aidera à faire face à l’agitation intérieure. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying, a dit : "La communauté internationale doit travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme, y compris apporter un soutien aux pays concernés qui font des efforts pour maintenir la sécurité nationale et la stabilité".

Source : The Tibet Post International, 17 octobre 2014.

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