De nouvelles restrictions à la vie religieuse bouddhiste prévue dans la future loi chinoise

lundi 21 février 2011 par Monique Dorizon

La Chine s’apprête à annoncer une nouvelle restriction à la pratique du Bouddhisme au Tibet, avec l’exclusion pour les moines bouddhistes de l’extérieur de la Chine d’être reconnus comme une réincarnation de Sa Sainteté le Dalaï Lama. L’interdiction, qui deviendra légale en mars 2011, permettrait effectivement au gouvernement chinois de sélectionner le futur Dalaï Lama.

La nouvelle loi stipulant que les moines bouddhistes du Tibet doivent obtenir la permission du régime communiste chinois pour la réincarnation a été décrite par l’administration d’Etat chinoise pour les affaires religieuses comme une mesure importante visant à "institutionnaliser la gestion de la réincarnation".
Sa Sainteté le Dalaï Lama a clairement fait savoir ces derniers mois que le prochain Dalaï Lama naîtrait et recevrait une formation religieuse dans un environnement sûr et libre à l’extérieur de la Chine. En l’état actuel de la nouvelle loi, en revanche, il semblerait que deux Dalaï Lama émergeraient, l’un soutenu par le régime communiste et l’autre soutenu par la religion.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement chinois met des restrictions aux réincarnations ; depuis le 1er septembre 2007, l’Administration d’Etat pour les Affaires religieuses a adopté une directive déclarant : "Le soi-disant Bouddha vivant [1] réincarné sans l’approbation du gouvernement est illégal et non valide". [2]
La même loi a également déclaré que le 14e Dalaï Lama ne pourrait jouer aucun rôle dans le processus de recherche et de reconnaissance d’un "Bouddha vivant".

Réagissant à ce changement, le Kalon Tripa, Samdhong Rinpoché, [3] a accusé la Chine de "formuler différentes méthodes pour mettre fin aux deux grandes institutions religieuses tibétaines, le Dalaï Lama et le Panchen Lama, alors qu’ils sont très importants pour les Tibétains". [4]
"La nouvelle loi chinoise n’est qu’un stratagème destiné à prendre le contrôle des institutions religieuses tibétaines".
Il a ajouté que la Chine attendait peut-être le départ du Dalaï Lama car elle estime que son départ réglerait le problème du Tibet lui-même.

Source : Tibet Post, 15 février 2011

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[1] le terme "Bouddha vivant" est la dénomination du gouvernement chinois pour les "tulkous" tibétains. Littéralement : "corps d’émanation du Bouddha sous forme humaine", souvent traduit par réincarnation.

[2] Voir l’article "Le gouvernement chinois veut contrôler l’identification des "Bouddhas vivants"" du 8/08/2007.

[3] Le Kalon Tripa est le Premier ministre de facto du Tibet en exil. Samdhong Rinpoché verra son mandat se terminer en août 2011. Des élections sont prévues le 20 mars 2011, et différents sites Internet se sont créés pour ouvrir un espace de débat pour les Tibétains. Exemple : ce site de débat pour les Tibétains (en anglais, tibétain et chinois) pour la présentation des différents candidats à ce poste, ou le site The Tibetan Political Review présentant les élections, les candidats et la politique tibétaine en général.

[4] En ce qui concerne le Panchen Lama, le jeune garçon Gendun Choekyi Nyima, reconnu à l’âge de 6 ans par les responsables religieux de son monastère, le Tashilumpo, et par le Dalaï Lama, a disparu depuis l’annonce de sa reconnaissance. Un autre candidat, Gyaltsen (Gyaincain en chinois) Norbu, avait alors été désigné par la Chine. Voir le dossier Panchen Lama pour plus de détails.


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