La Chine a approuvé une loi réglementant la Police armée Populaire

samedi 5 septembre 2009 par Monique Dorizon

Le 27 août 2009, les législateurs chinois ont adopté une loi détaillant la responsabilité de la Police armée populaire (PAP) grande force paramilitaire, critiquée par certains pour sa lenteur à répondre aux émeutes survenues dans la région du Turkestan oriental (Xinjiang) en juillet 2009, lors desquelles près de 200 personnes sont mortes, selon le gouvernement chinois. [1]
La nouvelle loi répond aux préoccupations en clarifiant comment et quand les troupes peuvent être déployées.
Cette loi est la première qui réglemente cette force, dont les membres sont gardes-frontières, escorte des fonctionnaires gouvernementaux, pompiers et secouristes lors des catastrophes mais plus connus à l’extérieur de la Chine pour leur rôle dans la répression des troubles politiques et sociaux.
Selon un résumé de la loi publié par l’Agence de presse officielle Xinhua (Chine Nouvelle) avant son approbation, les troupes seront missionnées pour la "gestion des rébellions, émeutes, de la violence criminelle grave à grande échelle, des attentats terroristes et autres incidents de sécurité".
Apparemment la loi supprime aussi le pouvoir des fonctionnaires locaux au niveau des Comtés de mobiliser la Police armée Populaire pour traiter les troubles.
Des citoyens chinois se sont plaints que la Police armée Populaire est parfois recrutée par des fonctionnaires gouvernementaux de bas niveau afin de maintenir abusivement leurs pouvoirs, parfois avec une force excessive.
Les estimations de la taille de la Police armée Populaire ont atteint jusqu’à 1 500 000 hommes, mais le gouvernement annonce un nombre de 660 000 en 2006.
Autrefois perçue comme corrompue et mal formée, la police armée est devenue plus professionnelle ces dernières années. Mais ses membres sont parfois considérés comme irresponsables et les défenseurs des Droits de l’Homme ont accusé les troupes de brutalité et de non respect de la loi dans le traitement de troubles civils.
Le contact des troupes avec des citoyens chinois moyens s’est développé ces dernières années alors que la transformation – et dislocation – économique a conduit à un nombre croissant de manifestations de rue spontanées.
Dans le Turkestan oriental (Xinjiang), le Président Hu Jintao a dit aux membres de la Police Armée Populaire qu’assurer la stabilité sociale était "la tâche la plus urgente" à laquelle ils étaient confrontés.
Dans une interview, Wang Yukai, professeur à l’Ecole Nationale d’Administration de Chine, dit que "retirer aux fonctionnaires locaux le pouvoir de faire venir la police, était peut-être la plus importante disposition de la nouvelle législation".
"C’est pour empêcher l’utilisation abusive de la Police armée afin d’éviter le décès de personnes innocentes" a-t-il dit.
Le conflit est inévitable compte tenu des changements rapides de la Chine poursuit Mr Wang mais "parfois il est contre-productif d’utiliser la force".
"Je pense que le gouvernement comprend cela, et ne veut pas voir cela se produire".

Source : Xinhua, 27 août 2009, New York Times, 28 août 2009

[1] Selon les Ouïghours en exil, ce nombre serait plutôt entre 1 000 et 3 000. Voir cet article publié le 8 juillet 2009.


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