Le Dalaï Lama appelle à des discussions plus sérieuses que par le passé

dimanche 27 avril 2008 par Rédaction

S’il a salué le 26 avril l’offre chinoise de reprise du dialogue, le Dalaï Lama a souligné qu’une rencontre uniquement destinée à calmer les inquiétudes de la communauté internationale n’aurait "aucun sens".
"Je n’ai pas encore reçu d’informations détaillées (à propos de ce dialogue), mais de manière générale il est bon de parler", a déclaré le chef spirituel du bouddhisme tibétain, de retour d’un voyage aux Etats-Unis.
Le 27 avril, le porte-parole du Dalaï Lama, Tenzin Takla, a réitéré son souhait d’une rencontre sincère : "Nous avons déjà participé à six rounds de discussions et rien n’en est sorti et si cette fois la Chine est sérieuse, alors c’est positif, mais si elle veut juste montrer au monde que ’’nous discutons’’, alors cette rencontre est inutile".
"La répression au Tibet s’est accentuée. Les militaires encerclent des monastères et des arrestations se poursuivent", a-t-il ajouté.
Le gouvernement tibétain en exil a de son côté accentué sa pression sur la Chine afin qu’elle cesse la répression au Tibet, estimant que des discussions ne peuvent intervenir qu’après un retour à la "normale".
"Il faut un retour à la normale au Tibet avant la reprise de discussions", a estimé le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil, Samdhong Rinpoche, dans un communiqué daté du 25 avril.
"Pour que des discussions soient fructueuses, il faut aussi que les leaders chinois reconnaissent le rôle positif du chef spirituel tibétain plutôt que de mener une campagne de diffamation", a-t-il ajouté.

La proposition de Pékin de dialoguer avec des représentants tibétains semble montrer que la Chine cherche avant tout à "sauver" ses Jeux olympiques, estiment des analystes, en dépit des appels répétés du Dalaï Lama à des discussions "sérieuses" sur l’avenir du Tibet.
Pour les analystes, la proposition de Pékin de reprendre le dialogue entamé en 2002 mais interrompu avec les représentants tibétains depuis juin-juillet 2007 est le signe que les autorités chinoises ont cédé à la pression internationale.
Cependant, pour Brahma Chellaney, analyste au Centre d’études stratégiques de New Delhi, "les Chinois n’ont fait aucune concession et leur premier intérêt est de voir les jeux Olympiques aller à leur terme".
"La dernière offre de dialoguer de Pékin n’apporte rien de nouveau", assure de son côté Srikanth Kondapalli, professeur d’études chinoises à l’université Jawaharlal Nehru de Delhi.
"Ce qui est nouveau c’est la pression que fait peser sur la Chine la protestation tibétaine. Les Jeux olympiques devaient être l’occasion de célébrer l’avènement de la Chine, au lieu de cela, de nombreux athlètes et responsables pensent à boycotter" la cérémonie d’ouverture des Jeux, ajoute-t-il.
Cette offre de dialogue est "la victoire de la pression concertée sur la Chine", a analysé Sukh Deo Muni, chercheur à l’Institut des études d’Asie du sud-est de Singapour, pour qui Pékin "ne veut pas que cette pression ruine sa parade olympique".
Pour M. Kondapalli, "les Tibétains ont remporté un succès en faisant pression sur la Chine pour qu’elle accepte la reprise du dialogue, mais en aucune façon ils ne pourront obtenir l’autonomie".
Pire, selon lui, "c’est aussi une défaite stratégique pour le Tibet, car le fossé entre les Chinois hans et les Tibétains ne fera que se creuser".
Néanmoins, relève Brahma Chellaney, "qui aurait pensé il y a encore deux mois que la question du Tibet serait au centre de l’attention du monde entier ?"
A moins qu’un réel processus de réconciliation ne débute, la question tibétaine va "continuer à hanter" Pékin, assure-t-il.

Source : AFP 27 avril 2008


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