Les Tibétains en exil manifestent leur solidarité avec les Ouïghours en révolte.

dimanche 26 juillet 2009 par Rédaction

Cinq des plus importantes organisations non gouvernementales tibétaines ont exprimé (le 9 juillet 2009) leur profonde émotion concernant les événements tragiques survenus au Turkestan Oriental (dénommé ’’Xinjiang’’ par Pékin).


Nous appelons le gouvernement chinois à :
- libérer toutes les personnes arrêtées pour avoir participé à ces manifestations pacifiques,
- rétablir les communications internet et le réseau de téléphonie mobile dans la ville d’Urumqi [1],
- accorder aux journalistes un libre accès à la région et sans entraves,
- mettre fin à sa campagne de propagande qui ne peut que susciter de nouvelles violences,
- accepter qu’une mission des Nations-unies procède à une enquête indépendante.
Nous exprimons toute notre solidarité à Mme Rebiya Kadeer et à tous les membres du Congrès Mondial Ouïghour en ces instants tragiques.

Le pouvoir chinois, comme il l’avait fait envers les manifestations non-violentes qui s’étaient propagées dans l’ensemble du Tibet en 2008, est en train d’appliquer les mêmes méthodes pour ’’ traiter la situation’’.
Elles se traduisent en particulier par :
- le contrôle étroit de tous les medias étrangers (certains sont d’ailleurs à Urumqi dans le cadre d’une ’’visite guidée’’ organisée par Pékin),
- la fermeture des accès à internet et au téléphone pour empêcher toute information de sortir de la région,
- le contrôle des opinions émises par ses propres citoyens sur les événements,
- la multiplication des raids de nuit conduisant à l’arrestation d’une multitude de personnes,
- un matraquage médiatique avec la diffusion d’images et de déclarations visant à faire passer les manifestants pour les seuls auteurs des violences, ce qui ne fait qu’envenimer encore plus les tensions inter-ethniques [2]
- les accusations sans preuve, imputant le fait d’avoir exprimé des plaintes bien légitimes sur des ’’forces extérieures hostiles’’ (dans le cas du Turkestan Oriental, sont visés Mme Rebiya Kadeer et le Congrès Mondial Ouïghour ; pour le Tibet, la cible est le Dalaï Lama et ses partisans), etc.

"Nous nous faisons l’écho de l’appel urgent de Mme Rebiya Kadeer pour la paix, la justice et l’arrêt de toute violence en exigeant du gouvernement chinois qu’il mette fin à sa répression brutale des Ouïghours dans l’ensemble du Turkestan Oriental"., déclare Ngawang Woeber [3], porte-parole des cinq ONGs tibétaines.
Ngawang Woeber ajoute : "Avec la tournure prise par les événements, le Président Hu Jintao a dû précipiter son départ du sommet du G8 pour pouvoir retourner en Chine, pensant sauver la face en évitant les reproches au cours du meeting. Tenter de sauvegarder ainsi les apparences, de peur de se voir submergé de questions par les medias internationaux, cela montre l’échec total de la politique du pouvoir chinois appliquée au Turkestan Oriental, de même qu’au Tibet".

Au Turkestan Oriental et au Tibet, qui subissent tous deux l’occupation chinoise depuis plus d’un demi-siècle, les Ouïghours et les Tibétains n’ont jamais accepté la domination de Pékin et ils continuent à réclamer le respect de leurs libertés et de leurs droits humains fondamentaux. En déniant aux Ouïghours et aux Tibétains le droit de conduire leur vie en toute liberté, les mesures prises par Pékin au Turkestan Oriental et au Tibet ne font que créer toujours plus d’instabilité.

Seize mois après l’impressionnante vague de protestations non-violentes qui s’était propagée à travers tout le plateau tibétain, le Tibet subit toujours un régime de loi martiale de facto. Encore aujourd’hui, on est toujours sans nouvelles d’au moins un millier de Tibétains disparus au cours du soulèvement, plus de 200 Tibétains ont été tués pendant les manifestations, des milliers de Tibétains furent arrêtés, dont plusieurs centaines ont été jugés et condamnés.
Parmi eux, 4 hommes et une femme qui ont été condamnés à mort  [4] pour avoir manifesté à Lhassa le 14 mars 2008.

Nous craignons que, à l’image du Tibet, les autorités chinoises optent pour une escalade de la répression au Turkestan Oriental avec des disparitions, des tortures ou des condamnations à de très lourdes peines, etc.
Comme à l’égard du Tibet, nous appelons la communauté internationale à faire pression sur le pouvoir chinois pour qu’il opte sincèrement pour une résolution pacifique de cette situation résultant de plus de 50 ans d’occupation du Turkestan Oriental.

ONGs signataires :
- Tibetan Youth Congress
- Tibetan Women’s Association
- Gu-Chu-Sum Movement for Tibet
- National Democratic Party of Tibet
- Students for a Free Tibet – India [5]

Source : correspondant à Dharamsala, par mail, 9 juillet 2009

[1] Urumqi est la capitale du Turkestan Oriental.

[2] Un rapport publié récemment par l’Institut Gongmeng de Pékin met en évidence combien la virulente propagande du gouvernement chinois après les manifestations tibétaines de mars 2008 n’avait fait qu’éloigner encore plus les Chinois des Tibétains. Avec notamment cette phrase : "La sur-propagande autour des ’’violences’’ du 14 mars 2008 avait pour but de gonfler encore plus ces incidents afin d’accroître les ressentiments inter-ethniques déjà existants... Sur le long terme, ce type de campagne de propagande va au détriment de l’unité ethnique. La fascination éprouvée par les Chinois à l’égard de la culture tibétaine s’est transformée en crainte et en haine envers les Tibétains." (Source : http://tibetnetwork.org/chinesevoice)

NdR Suite à ce rapport, l’Institut Gongmeng a dû fermer ses portes sur ordre du gouvernement.
Des responsables du bureau des Affaires civiles de Pékin ont signifié le 17 juillet à Gongmeng (baptisé "Open Constitution Initiative" en anglais, OCI) la fermeture de son Centre de recherches légales, arguant que ce dernier n’était pas dûment enregistré auprès du gouvernement, explique Gongmeng sur son site internet.
Mais le centre, étant une partie du groupe, n’avait pas à être enregistré indépendamment et, par conséquent, "les actions du Bureau des affaires civiles sont illégales", affirme aussi Gongmeng, une organisation à but non lucratif engagée en faveur du "bien public, de l’action citoyenne et d’une Chine constitutionnelle".
Source : AFP 18 juillet 2009.

[3] le Vénérable Ngawang Woeber préside l’Association ’’Gu-Chu-Sum’’ (soutien des anciens prisonniers politiques tibétains).

[4] Voir la campagne en cours contre ces peines de mort.

[5] Voir la campagne de ’Students for a Free Tibet’ en faveur des Ouïghours.


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