Nouvelles mesures de renforcement du contrôle des monastères

mardi 19 octobre 2010 par Monique Dorizon

Selon l’agence officielle de presse Xinhua (Chine Nouvelle) [1], reprenant une annonce du gouvernement du 8 octobre 2010, le régime communiste de la Chine prévoit de resserrer le contrôle sur les monastères bouddhistes tibétains afin de réduire l’influence de Sa Sainteté le Dalaï Lama et autres "forces séparatistes internes et externes".

L’administration d’Etat des affaires religieuses (SARA) a publié un document intitulé : "Mesure de gestion des monastères bouddhistes tibétains et des temples" à appliquer à partir du 1er novembre, disant qu’il a été conçu en réponse à une influence croissante des étrangers et des "activités séparatistes".
"L’administration des temples bouddhistes tibétains devrait être réglementée de manière plus détaillée, sur la base du règlement de la Chine sur les affaires religieuses ayant pris effet en 2005" Les moines de certains monastères auraient été influencés par les "forces séparatistes internes et externes" et se seraient livrés à "la perturbation de l’unité nationale et le fractionnement de la nation", a déclaré l’Administration dans une annonce sur les nouvelles règles mises sur son site Web.
"L’existence de ces problèmes a sérieusement influencé l’ordre normal du bouddhisme tibétain... et même donné à la clique du Dalaï l’opportunité de comploter et de répandre la confusion dans les régions tibétaines et de s’engager dans des activités séparatistes destructrices" est-il affirmé dans ce document, se référant au chef spirituel exilé, Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Selon ce texte, la gestion plus stricte des monastères a été conçue pour aider au "maintien de l’ordre normal du bouddhisme tibétain et construire une société socialiste harmonieuse".
Il est précisé dans ce document qu’il est illégal qu’un individu ou des organisations étrangères s’immiscent ou dominent les affaires religieuses :
"Aucune personne ou organisation n’est autorisée à utiliser la religion pour s’engager dans des activités qui sapent l’ordre social, portent atteinte à la santé des citoyens ou interfèrent avec le système éducatif de l’Etat".

Dans l’édition internationale en langue anglaise du journal "The Global Times" [2], porte-parole du "Quotidien du Peuple", en date du 9 octobre, est cité le document :
"Les préférences féodales et religieuses qui ont été abolies et les affiliations entre les temples ne peuvent être autorisées à réapparaître".

Ainsi formulé, le document semble rendre illégale toute connexion pouvant exister entre les monastères et les temples tibétains qui a pu être renouée au fil des ans en exil, après sa destruction pendant l’invasion chinoise et la Révolution culturelle (1966-1976) ou pendant la période actuelle d’absence de liberté religieuse véritable.
Les dirigeants des groupes religieux bouddhistes ainsi que ceux de la religion Bön vivent en exil et il est évident que la Chine souhaite que les monastères et les temples du Tibet se dissocient de leurs règles religieuses traditionnelles et de leurs chefs.
Le document appelle aussi à la protection des droits légaux des membres du clergé et des établissements d’enseignement religieux. Il précise que la mesure permettrait de protéger toutes les "activités licites" dans les monastères, y compris la formation sur les textes du bouddhisme tibétain, l’édition, et de recevoir des dons d’organismes nationaux et étrangers et les individus.
Le rapport signale que l’administration d’Etat des affaires religieuses avait commencé à rédiger le règlement depuis 2008 et avait "grandement" sollicité l’avis des représentants du cercle bouddhiste tibétain dans les provinces chinoises et les régions autonomes où habitent les bouddhistes tibétains.

Cette note se poursuit avec l’annonce de la condamnation de deux moines accusés d’avoir mené des manifestations pacifiques en 2008 à Lhassa.
Le Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD) basé en Inde, a mentionné qu’en juin (2010), le Tribunal populaire intermédiaire de Lhassa avait condamné Jampel Wangchuk et Kunchok Nyima respectivement à la réclusion à perpétuité et à 20 ans de prison.
Les deux hommes étaient des moines de Drepung, un des plus grands et plus importants monastères bouddhistes tibétains, et faisaient partie d’un groupe d’environ 350 moines qui marchèrent du monastère jusque dans la ville de Lhassa, le 10 mars 2008, [3] alors que les Tibétains partout dans le monde, commémoraient la Journée nationale du soulèvement tibétain.

Sources : Phayul, Tibet Post et Tibetan Review, 11 octobre 2010

[1] Voir l’article d’origine du China Daily du 8 oct. 2010 qui est néanmoins une traduction en anglais "très approximatif" (!) de l’article original en chinois.

[2] Voir l’article du Global Times du 9 octobre 2010.

[3] Voir les articles "Manifestations et nombreuses arrestations à Lhassa" du 11 mars 2008 et "Gaz lacrymogènes contre les moines du monastère de Sera"
(NdR : Sera est l’autre grand monastère près de Lhassa).


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