Pourquoi un « tirage au sort » ?

lundi 1er janvier 1996 par Webmestre

Toute la manoeuvre de la Chine pour s’arroger un droit de regard dans la reconnaissance de la réincarnation du Panchen Lama repose sur une prétendue procédure de « tirage au sort dans l’urne d’or » instituée par l’empereur mandchou Qian Long en 1792.

Qu’en est-il exactement ?

  1. Depuis de longues années déja, les relations entre l’empereur et le Dalaï Lama reposaient sur le principe Maître spirituel-bienfaiteur.
    Périodiquement, l’empereur offrait rituels et cérémonies, en accord avec ses conseillers religieux, essentiellement de grands lamas tibétains.
    C’est dans ce contexte que prit place la proposition de Qian Long au VIIIème Dalaï Lama, parmi 29 autres propositions dont certaines furent acceptées et d’autres refusées et qui n’entachaient en rien la souveraineté du Tibet.
  2. Cette procédure, qui venait après le choix effectué par les autorités religieuses tibétaines, n’a été utilisée que très épisodiquement (trois Dalaï Lamas et deux Panchen Lamas).
    Elle est tombée en désuétude en 1888. En outre, chacun des « tirages au sort » n’a fait que confirmer le choix fait à Lhassa. Il s’agissait donc bien d’une procédure d’enregistrement tendant à conforter le pouvoir tibétain et non à le contrer.
  3. Pourquoi un « tirage au sort » ?
    En 1911, à la chute de l’empire mandchou, l’ensemble des procédures régissant les rapports entre Lhassa et Pékin furent abolies par le XIIIème Dalaï Lama. Ainsi par exemple, nul ne songea à demander l’accord du Kuomintang sur la reconnaissance du XIVème Dalaï Lama.
    Récemment, Ngapo Ngawang Jigmé, collaborateur des Chinois, dans un élan de sincérité en témoignait, affirmant qu’un représentant du gouvernement nationaliste avait bien été reçu par le Dalaï Lama, mais après son intronisation et sans être à aucun moment intervenu dans le processus de cette reconnaissance.

Qui a tiré au sort ?

Bomi Rinpoché a été désigné par les Chinois pour effectuer cette triste besogne. Ce moine de 77 ans, respecté à Lhassa pour ses connaissances, n’occupe qu’un rôle très subalterne dans la hiérarchie du bouddhisme tibétain, bien que les Chinois aient cherché à le présenter comme un lama de haut rang en lui attribuant le titre de Ganden Tripa, la plus haute dignité de l’école Gelugpa, qu’ils avaient toujours refusé de reconnaître. Il semble que Bomi Rinpoché ait accepté contraint et forcé de jouer ce rôle afin d’assurer l’éducation du jeune enfant choisi par les Chinois.

Source : Lettre du Tibet (C.S.P.T.) et 36 15 Tibet Info


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