Un nouvel an tibétain dans un climat de répression implacable

mercredi 22 février 2012 par Rédaction

Le Losar (nouvel an tibétain) à partir du 22 février devrait normalement être un temps de festivités pour les Tibétains, mais beaucoup ont choisi de ne pas le célébrer dans l’actuel contexte de contestation populaire, de répression implacable et d’immolations en série. [1]

L’Administration Centrale Tibétaine en exil (en Inde) a officiellement appelé les Tibétains vivant en Chine à ne pas célébrer cette année le Losar [2], qui commence cette année mercredi 22 février [3]. Cette fête bouddhique est l’une des plus importantes au Tibet.
"En temps normal, les Tibétains seraient maintenant en train de préparer les fêtes, les réunions de famille, avec beaucoup de nourriture et de boissons", a expliqué à l’AFP Kate Saunders, porte-parole de l’ONG International Campaign for Tibet (ICT), qui dispose de sources d’exilés tibétains maintenant des contacts sur le terrain.
"Mais cette année les Tibétains ont décidé de ne pas célébrer, mais plutôt d’honorer ceux qui ont trouvé la mort, en particulier par le biais des immolations, en priant et en rendant un hommage solennel aux traditions de leur culture", a-t-elle ajouté.

Au moins 22 (ou 25) Tibétains [4], en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire en moins d’un an dans les zones tibétaines chinoises. Ces suicides publics sont un phénomène relativement nouveau qui illustre le désespoir dû à la répression accrue menée par le pouvoir central.

Selon les groupes d’exilés, les autorités ont imposé sans le dire la loi martiale dans le Sichuan et dans d’autres zones peuplées de Tibétains (anciennes régions tibétaines de l’Amdo et du Kham). Cela s’est manifesté par une surveillance accrue des monastères, la limitation des communications téléphoniques et de l’internet.
Les autorités chinoises ont de plus empêché ces dernières semaines la presse étrangère de se rendre dans ces régions tibétaines de Chine.

Robbie Barnett, un expert du Tibet à l’Université Columbia (New York), estime que l’étau s’est resserré en particulier dans la "Région Autonome du Tibet".
Les forces de sécurité ont par exemple récemment arrêté et placé en détention de nombreux Tibétains à leur retour d’Inde où ils avaient suivi des enseignements religieux.
"Je ne pense pas qu’on ait assisté depuis des décennies à ce type de détention de masse pour des raisons politiques - par opposition à des motifs criminels. Ce sont des laïcs qui n’ont pas été accusés de quoi que ce soit d’interdit par la loi chinoise", a souligné M. Barnett.
Selon des informations fournies par une source tibétaine en exil mais qu’il n’était pas possible de vérifier de manière indépendante (l’accès des journalistes étant interdit), quelque 7 000 Tibétains de retour d’Inde pourraient subir de trois à quatre mois de camp de rééducation. [5]
Selon cette même source, la seule ville de Lhassa, patrouillée par des forces de l’ordre pléthoriques, compte aujourd’hui quelque 130 nouveaux postes de contrôle pour les piétons et véhicules.

Source : AFP, 21 février 2012.

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