Un réfugié tibétain devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU

vendredi 6 juin 2008 par Rédaction

Un réfugié tibétain demeurant en Suisse a dénoncé le 5 juin devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU à Genève les mauvais traitements infligés aux Tibétains emprisonnés par les autorités chinoises.
Tenzin Kayta a pu s’exprimer, en anglais, devant le Conseil des Droits de l’Homme grâce au parrainage de l’ONG la Société des peuples en danger (Society for Threatened Peoples). [1]
L’orateur a dénoncé "les interrogatoires, actes de torture, exécutions sommaires, détentions au secret, privations de soins médicaux, de sommeil et d’alimentation" dont sont victimes selon lui les détenus tibétains dans les prisons chinoises.
L’ONG qui a parrainé Tenzin Kayta voulait à l’origine donner la parole à Takna Jigme Sangpo [2], un opposant historique tibétain âgé de 82 ans.
L’opposant a cependant été interdit de parole à la demande de la Chine qui a exigé qu’il s’exprime dans l’une des six langues officielles de l’ONU et non en tibétain.
Le représentant de Pékin, M. Ke Yousheng, a vivement réagi en vantant les mérites de la politique de développement mise en oeuvre par la Chine au Tibet.

Source : AFP 5 juin 2008

Un entretien (en anglais) avec Takna Jigme Sangpo a été réalisé le 5 juin 2008 par Pamela Taylor, de Human Rights tribune.

[1] Cet entretien fait suite à une demande exprimée le 25 mars 2008 par l’association Society for Threatened Peoples alors que des représentants des Etats-unis, de l’Australie, et différentes ONGs demandaient que les troubles au Tibet, débattus dans l’enceinte du Conseil des Droits de l’Homme, soient abordés lors d’une séance séparée dédiée aux "problèmes spécifiques à un pays".

[2] Takna Jigme Sangpo
Le plus ancien prisonnier politique tibétain, Takna (parfois appelé Tanak) Jigme Sangpo, a été arrêté en 1964 pour avoir "corrompu l’esprit des enfants avec des idées réactionnaires" alors qu’il était instituteur (il enseignait l’histoire, la langue et la culture du Tibet, à l’encontre des directives officielles).
Après avoir purgé une première peine de 13 ans de prison, l’ex-instituteur avait à nouveau été condamné à 15 ans de prison en 1983 pour avoir apposé une affiche murale sur laquelle il protestait contre l’occupation chinoise du Tibet.
En 1988, alors qu’il était toujours en prison, il était condamné à cinq ans supplémentaires pour avoir crié des slogans indépendantistes dans l’enceinte de la prison de Drapchi à Lhassa où il était détenu.
En décembre 1991 il avait été battu et placé au mitard pendant plusieurs semaines, avant de voir sa peine encore allongée de huit ans pour avoir crié "Vive le Tibet libre" pendant une visite d’officiels du gouvernement suisse à Drapchi.
Il devait en principe être libéré en 2011 à l’expiration de sa peine, après avoir passé 41 ans au total derrière les barreaux. Il a finalement été libéré fin mars 2002 pour raisons médicales.
Dès sa libération, il a été autorisé à se rendre aux Etats-unis. Il séjourne aujourd’hui en Suisse où il est soigné. Il était intervenu à la Commission de l’O.N.U pour les Droits de l’homme, à Genève, le 3 avril 2003. (Voir le détail dans la Lettre du Tibet n° 67, avril 2003 en page 4 : Témoignage)
Un article lui est dédié en anglais sur Wikipedia


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