Les Nations Unies dénoncent la malnutrition, le chômage, la discrimination au Tibet

mercredi 26 novembre 2014 par Rédaction , Monique Dorizon

Une analyse du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations Unies  [1] (CESCR) conteste les affirmations du gouvernement chinois sur la malnutrition infantile, le chômage, la discrimination ethnique, l’expulsion massive des nomades de leurs terres et les "restrictions sévères" à la liberté des Tibétains à maintenir leurs langue, culture et religion.

Tous les cinq ans le Comité examine tous les pays, en regardant la façon dont ils assurent la qualité de vie pour ceux qui y vivent.
Ses conclusions pour la Chine présentent un tableau inquiétant des Tibétains appauvris ne profitant pas du "miracle économique" de la Chine et qui se voient systématiquement refuser le droit de vivre en Tibétain.
"Les observations finales" du Comité précisent que la zone la plus sujette à la malnutrition des enfants en Chine est le Tibet. Il expose également ses inquiétudes sur le lien entre le chômage tibétain et l’immigration massive de Chinois han.
Le rapport du Comité souligne également des problèmes tels que la dégradation de l’environnement et la corruption, présents partout sous le régime de Pékin, y compris au Tibet.

Extraits de l’analyse du CESCR
17 - Le Comité demeure préoccupé par les informations faisant état d’un taux de chômage élevé parmi les membres de minorités ethniques, et en particulier les Tibétains, les Ouïghours et les Mongols, en partie à cause de l’immigration de Chinois han dans les zones peuplées par des minorités.
Conformément à ses précédentes recommandations, le Comité prie instamment l’État partie de renforcer son système de collecte de données sur le chômage afin de faciliter l’évaluation de la situation des minorités ethniques. Il lui recommande de renforcer ses programmes et d’adopter des stratégies efficaces pour réduire le taux de chômage, en prêtant une attention particulière aux minorités et aux régions dans lesquelles le chômage est le plus élevé.

29 – Le Comité est préoccupé par l’insécurité alimentaire qui prévaut dans certaines zones rurales pauvres, et en particulier celles qui sont situées dans les régions montagneuses de l’ouest, ainsi que par la persistance de la malnutrition infantile, principalement dans les zones rurales et dans la "Région Autonome du Tibet". Malgré les efforts déployés par l’État partie pour améliorer la surveillance de la salubrité des aliments, notamment avec l’adoption de la loi relative à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, le Comité demeure préoccupé par les insuffisances de la mise en œuvre de cette loi.
Le Comité engage l’État partie à intensifier ses efforts en vue de protéger le droit à une alimentation suffisante. Il lui recommande de s’employer davantage à résoudre efficacement le problème de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition infantile dans les zones rurales pauvres, et en particulier ceux qui sont situés dans les zones montagneuses de l’ouest et dans la "Région Autonome du Tibet".
Il l’invite à prendre toutes les mesures voulues pour mettre en œuvre efficacement la loi relative à la sécurité sanitaire des denrées alimentaires, à redoubler d’efforts s’agissant de surveiller la salubrité des aliments et à veiller à ce que la production, le traitement, la distribution, la commercialisation et la consommation des produits alimentaires se fassent dans de bonnes conditions d’hygiène. Le Comité appelle l’attention de l’État partie sur son Observation générale no 12 (1999) relative au droit à une nourriture suffisante et sur les recommandations du Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation.

36 - Le Comité constate avec préoccupation que les minorités ethniques se heurtent encore à de graves restrictions à l’exercice de leur droit de participer à la vie culturelle, notamment le droit d’utiliser ou d’enseigner leur langue, leur histoire et leur culture ainsi que celui de pratiquer leur religion librement. En dépit des mesures que l’État partie a prises, le Comité est préoccupé par les restrictions imposées aux Tibétains et aux Ouïghours, s’agissant en particulier de l’enseignement en langues tibétaine et ouïghour.
Le Comité recommande à l’État partie de prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que les minorités, notamment les Tibétains, les Ouïghours et les habitants de la Mongolie intérieure, jouissent sans restriction de leur droit d’exercer pleinement de leur identité culturelle, de participer à la vie culturelle, et d’utiliser et de pratiquer leur langue et leur culture. Le Comité recommande également à l’État partie de prendre les mesures voulues pour protéger la diversité culturelle et mieux faire connaître le patrimoine culturel des minorités ethniques, religieuses et linguistiques.

A la suite de ce rapport, le gouvernement chinois a publié sa propre analyse de son dossier des droits de l’homme, affirmant que la Chine a "sauvegardé efficacement le droit à la vie et à la santé, à la liberté personnelle, la dignité personnelle et d’autres droits de la personne de ses citoyens".

Sources : Free Tibet, 29 mai 2014 et Observations finales concernant le deuxième rapport périodique de la Chine, y compris Hong Kong (Chine) et Macao (Chine) des Nations Unies [1], 13 juin 2014.

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[1] Dans certains navigateurs, le SEDOC (site de documentation de l’ONU) ne peut trouver le document. Dans ce cas, essayer avec ce lien ou en recopiant l’URL http://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/G14/049/84/pdf/G1404984.pdf?OpenElement dans votre barre d’adresse.


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