Un journaliste du Washington Post contourne la censure des autorités lors d’un voyage à Lhassa

lundi 19 septembre 2016 par Monique Dorizon , Rédaction

Le chef du bureau du Washington Post à Pékin, Simon Denyer, a fait l’histoire cette semaine, en parlant en direct, en face du Palais du Potala à Lhassa.

Selon certaines sources, en utilisant un VPN (Réseau privé virtuel) pour contourner les blocages gouvernementaux contre Facebook, Simon Denyer a utilisé Facebook Live [1] pour raconter son voyage à Lhassa et répondre aux questions des internautes.

Simon Denyer a débuté en disant : "Je suis ici pour un voyage du gouvernement, un voyage au Tibet très rare pour les journalistes étrangers. En fait il n’y a eu qu’une poignée de voyages organisés pour les journalistes étrangers au Tibet au cours de la dernière décennie. C’est un endroit plus difficile à atteindre que la Corée du Nord, en fait".

Selon les informations de Xinhua, organe de presse officiel, les journalistes ont été invités dans le cadre d’une présentation touristique. Environ 400 invités étrangers, ambassadeurs en Chine, corps diplomatique de l’Asie du nord-est et de l’Asie du Sud, journalistes étrangers et entrepreneurs étrangers de 15 pays et régions, dont les États-Unis, la France, la République de Corée et le Pakistan, ont assisté à la Troisième exposition Tourisme et Culture Chine Tibet.

Simon Denyer a signalé que, bien que lors de la plupart des visites, lui et ses collègues journalistes aient été guidés, ils ont également été autorisés à sortir de leur propre chef et même à parler avec les Tibétains à Lhassa, l’amenant à se demander si un changement dans la politique chinoise pourrait desserrer l’étau sur le Tibet.
"En termes de surveillance de la police, je dois dire que, oui, il y a clairement la surveillance de la police. Mais notre voyage a été beaucoup plus détendu que les voyages précédents pour les journalistes étrangers. Que ce soit parce que l’Expo est en ville et qu’ils ont fait un effort pour montrer aux gens que le Tibet est davantage ouvert, cela peut être un facteur. Cela peut être aussi dû au fait que, simplement, il n’y a pas eu tant de troubles ces dernières années depuis les Jeux olympiques de Pékin en 2008, et ils ont un peu détendu les choses. Mais bien sûr, je ne sais pas à quelle surveillance les Tibétains font face, car cela est très difficile à dire".
Bien que Denyer ait poursuivi en disant que, si on leur a fourni une bonne quantité de propagande, ils ont également été autorisés à se déplacer comme ils le désiraient, un de leurs guides d’État en marchant leur a dit de "ne pas utiliser le mot propagande … c’est de la publicité !"

En ce qui concerne les commentaires des locaux, Simon Denyer a dit que la plus grande plainte que les Tibétains ont exprimée concernait l’éducation. Les enfants tibétains ont un accès très limité à l’éducation tibétaine, puisque la plupart de leur scolarité se fait en chinois mandarin. "C’est un problème pour les parents. Un parent a dit : Mon enfant parle mieux mandarin que tibétain. Un enseignant et érudit tibétain que nous avons rencontré a dit que de nombreux Tibétains parlent leur propre langue comme si elle était étrangère".

Le Facebook live de Simon Denyer a été une première inédite avec une présentation libre du Palais du Potala et du Tibet, alors que l’occupation de la Chine a coupé les communications et l’accès au reste du monde par des restrictions au tourisme et le blocus de l’Internet.

Source : Tibet Post international, 12 septembre 2016.

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